Affichage des articles dont le libellé est livre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est livre. Afficher tous les articles

lundi, avril 28, 2008

Capitaine Alatriste d'Arturo Perez-Reverte


Nous voilà plongés dans l’Espagne de Philippe IV, au 17eme siècle. L’Espagne est encore une grande puissance politique , même si la mauvaise gouvernance de Philippe III, montre le chemin du déclin. D’ailleurs dans le ton du narrateur qui raconte l’époque où il était le jeune protégé du Capitaine Alatriste, on sent que c’est Espagne est entrain de chuter, dans un futur incertain.

Dans cette Espagne où les inégalités sont flagrantes, où la corruption est général, le capitaine Alatriste loue son épée au plus offrant, ancien soldat des guerres de Flandre, démobilisé pour cause d’une grave blessure, il est plongé dans une sombre conspiration, fourbi par le secrétaire du roi et l’inquisition. Mais le peu d’honneur qui lui reste, lui créera de puissant ennemi proche du roi.

L’auteur retranscrit l’Espagne du 17eme siècle, avec cette teinte de vérité qui fait que nous arrivons parfaitement à nous imaginer dans les rues de Madrid à cette époque. On partage avec les protagonistes le tourment de ce pays , en proie à la décrépitude de fin de règne.

La culture historique espagnole surgie à chaque page de ce roman, on apprend à vivre avec les artistes de l’époque.

Si les 3 mousquetaires vous ont fait rêver, alors il faut sans aucun doute , vous procurez les aventures du capitaine Alatriste. Le genre cape et épée est de nouveau magnifié par Arturo Perez-Reverte. Je vous conseille de ne plus tarder et de vous plonger dans les complots de la cour d’Espagne qui n’ont rien à envier, à ceux de sa consœur française.

lundi, mai 07, 2007

L'oeil de Caine


Nous voilà plongé dans le monde de la télé réalité, un sujet qui devint à la mode de nos jours.
Hazel Caine productrice de talent aux dents longues décide de monter une émission de télé réalité qui va révolutionner le genre. 10 Candidats qui cachent un terrible secret vont devoir vivre ensemble devant les téléspectateurs. Mais tout va déraper quand le bus des candidats va être détourné par un dangereux schizophrène qui va créer ces propres règles du jeu, on s’aperçoit alors que les histoires de ces candidats sont imbriquées dans une histoire malsaine.

La trame du Roman qui paraît convenu, malgré un rythme soutenu qui laisse la part belle à l’action et au suspense, heureusement la fin du roman est totalement inattendue.
L’auteur a bien travaillé, il s’est bien documenté et son style est clair et direct, qui donne un livre agréable à lire, grâce aux réalismes des scènes d’actions et qui plonge facilement le lecteur dans l’intrigue.

Une lecture agréable même si on sent un certain goût de déjà vu, attendre sa parution en poche serait judicieux.

mercredi, avril 18, 2007

Un traité d'autodefense!!


En revenant sur un ancien debat, je viens de trouver chez le libraire " face à la police/face à la justice" aux editions l'altiplano (il en parle un peu dans le canard d'aujourd'hui) Un livre dont " l'objectif[...] est d'aider celles et ceux qui décident d'assurer collectivement leur defense face à la repression la plus courante, celle dont se sert massivement la justice pour faire règner l'ordre social"

Donc le livre nous explique la loi, qui biensûr est fait de telle sorte que le type moyen ne puisse si retrouver.

il est clair que c'est un petit traité que les auteurs dissent eux même "incomplets", vu le nombre de loi et d'harmonisation et d'exceptions.

ils precisent aussi que "Ces dernières années, le droit pénal n'a cessé d'évoluer dans un sens plus répressif : les tentatives pour donner du droit une image plus conforme à ce qu'il devrait être dans l'idéologie des droits de l'homme n'y ont rien changé. Les reformes, petites ou grandes, sont incessantes : l'exception devient la règle et les lois provisoires deviennent permanentes"

Donc un petit livre qui me semble indispensable.

Pour ceux qui n'ont pas d'argent , on peut l'avoir gratuit sur le net : http://www.guidejuridique.net/introduction2.html

dimanche, mars 18, 2007

Last Exit to Brest


Nous voilà face à un polar brestois, un agent de sécurité, manageur à ses heures du groupe de rock « Last Exit to Brest », se retrouve impliqué malgré lui dans une affaire de meurtre et d’argent.

Le Livre se découpe comme un disque vinyle avec 2 faces bien distinctes. La face A décrit les membres du groupe « Last Exit to Brest » et met les bases de l’intrigue, la deuxième face nous plonge plus profondément dans la noirceur des actes humains.

L’écrivain nous décrit un milieu qu’il a l’air de connaître sur le bout des doigts, celui des groupes de rock locaux, qui vivotent dans de petit bar et qui ne pense pas la musique comme un business, mais comme une passion qui prend plus que ce qu’elle donne.

Des amoureux du rock, ce qui rendent hommage à ce style de musique par l’abnégation qu’ils ont devant leur médiocre capacité artistique.

On sent bien que l’auteur a nagé dans ce Brest underground, il est comme son héros narrateur un passionné de Rock & Roll comme de sa ville Brest avec laquelle il rentre entièrement en osmose, quitte à ne jamais la quitter même si cela implique un danger de mort.

Malgré une intrigue pas très originale, le fait que l’atmosphère de la ville est parfaitement rendue, la forme est d’ailleurs originale et donne un rythme quasi-musical à l’histoire (les chapitres sont découpés en deux, l'histoire contée par le narrateur et une dépêche du télégramme de Brest)

Comme les éditions Metailie nous ont habitué, nous nous retrouvons devant un petit amuse gueule agréable qui n’a pas vocation a devenir le polar ultime, mais qui lit rapidement en laissant un goût agréable en bouche avant de passer aux repas.

jeudi, juillet 13, 2006

Spinoza face au mal


« Folio plus Philosophie » nous permet d’approcher la pensée de Spinoza, de manière originale et très intéressante.
Effectivement dernièrement un livre sur la correspondance de Spinoza avec un certain Blyenbergh a été publié. Mais ce petit livre contient aussi un dossier (de Meriam Korichi) sur cette correspondance et plus largement sur la philosophie de Baruch Spinoza. On peut aussi trouver à l’intérieure une analyse en rapport avec le texte d’une œuvre d’art, dans ce cas c’est un tableau de Titien : « Tarquin et Lucrèce » peint en 1571.

La correspondance que Spinoza a avec ce Blyenbergh est à l’origine une demande de précisions sur « les principes de la philosophie de Descartes » publiés en 1663 par le philosophe.

Le Dialogue devient vite une confrontation entre deux pensées, deux manières de voir totalement divergentes.
D’un coté nous avons un Blyenbergh qui cherche la vérité, sans pour autant vouloir se détacher de ses croyances, ils se présentent d’ailleurs comme « philosophe chrétien » . Il ne peut donc pas accepter ce qu’impliquent des concepts qui sortent du carcan des écritures théologiques. Et donc il se retrouve pris au dépourvu devant les raisonnements révolutionnaires de Spinoza.

Le point problématique entre tous, et la vision que les deux personnes ont du mal et de la corrélation entre la volonté humaine et Dieu.

Blyenbergh reste dans une vision purement judéo-chrétienne. Le « mal » est donc du à la volonté exclusive de l’homme, en dehors de la volonté de Dieu, c’est l’idée du « libre-arbitre » créé entre autre par un des pères de l’église comme Saint-Augustin, pour donner une explication du "mal" dans un monde créé par un être suprême "bon".
« L’affirmation de la liberté de la volonté humaine permet d’innocenter [Dieu] et de rendre compte de la cause du mal »

Alors que Spinoza a une approche totalement nouvelle, pour lui le mal n’est pas une chose concrète, le mal n’est pas une « essence ». Ce n’est qu’un relativisme qui découle de la vision qu’un homme peut avoir d’actes isolés dans un ensemble. Cela dépend de facteur totalement déterminé par l’« essence » de l’être et par sa bulle sociale.
Spinoza écrit dans l’Ethique, à la proposition 64 de la quatrième partie : « La connaissance du mal est une connaissance inadéquate », « de la suit que, si l’esprit humain n’avait que des idées adéquates, il ne formerait aucune notion du mal ».

Cela remet totalement en cause, les concepts moraux de l’époque, ce qui a pour effet de déstabiliser son interlocuteur, qui n’arrive pas à ce détacher de l’aspect de foi pour suivre celui du raisonnement. Il ne peut pas se détacher de la théologie (la foi) pour rentrer dans la philosophie (la raison).

Ce n’est pas pour autant que Spinoza laisse un vide, après avoir écarter l’ancienne vision morale. Il discerne bien une différence entre un être « juste » et un « méchant ». Les uns ont juste réussi à s’approcher de la lumière, ils sont moins ignorants et sont porteurs d’une vrai éthique et non pas d’une morale, corpus liberticide composé d’interdit et d’ascétisme.

Il l ‘écrit lui-même « […] les œuvres des gens de bien (c’est à dire ceux qui ont de Dieu une idée claire et règlent sur elle toutes leurs actions et toutes leurs pensées), celles des méchants ( c’est à dire ceux qui n’ont pas l’idée de Dieu, mais seulement les idées des choses terrestres et règlent sur elle leurs actes et leurs pensées) et enfin les œuvres de tous les êtres existants découlent nécessairement des lois éternelles et des décrets de Dieu […] »

On voit que Spinoza a une conception de Dieu tout à fait singulière, Dieu n’est pas juge mais créateur, les écritures ne sont que des commandements d’humains et donc aucunement de nature divine, dans le sens qu’ils ne sont que des interprétations imparfaites faites par l’homme pour commander les hommes.
On voit par-là l’effet régulateur et politique de la religion.

Même s’il n’était pas athée, Spinoza subit les foudres des institutions religieuses, il fut exclu de la synagogue et de la communauté juive en 1656 pour « hérésie »
On sent dans la pensée de Spinoza, la naissance d’un courant de pensée qui mettra l’homme et sa liberté devant Dieu et son ascétisme. Il est le précurseur du matérialisme, et des lumières.

samedi, avril 29, 2006

Romanzo criminale


Roman de Giancarlo De Cataldo. Il raconte la montée en puissance d’un groupe de voyou dans la pègre romaine. On se retrouve plongée dans l’Italie des années de plombs. L’état italien et les puissants sont près à tout pour combattre le péril rouge, même à s’allier avec truands et mafieux. Politique, hommes d’affaires et mafieux se côtoient pour maintenir le système en place, celui de l’argent roi.

De Cataldo nous immerge dans les rues romaines, il n’y a pas de héros, il y a seulement des hommes qui sont près à tout pour démontrer qu’ils ont leur place dans ce système. Il montre la prédestination pour le mal de ces truands (se sont eux les « héros » du livre) qui rêvent de Rolex, grosse voiture, et luxe à gogo, ils se créent leur propre ascenseur social à coup de flingue et de billet de banque.

Dans ce roman les lignes de démarcation sont difficiles à cerner entre les différents protagonistes. Seul un policier sort peut être du rang, se battant contre des moulins à vent, sans pour autant sortir du système qui les crée.

Les personnages des femmes sont l’éclaircies, elles dénotent de leur compagnon, parce qu’elles restent fidèles et humaines dans ce monde machiste.

Le livre est vraiment rythmé, on dirait un scénario de film, les personnages ont des personnalités forte avec du caractère. La violence constante dans ces pages, n’est que le reflet de la violence de notre société. Une histoire qui tient aux tripes jusqu’au bout, une analyse de la nature humaine face au pouvoir et à l’argent. Un miroir de l’idéologie qui gouverne notre monde depuis des millénaires

Ce roman aurait pu s’intituler : « Il était une fois l’Italie », héritage du cinéma italien des années 70, une fresque réaliste des individualités qui constitue le monde romain pendant ces années là.

Je laisse conclure un des personnages clefs du livre : « Cette sale humanité ne changera jamais ».